
Chaque jour, environ 45.000 messages d’infraction sont transmis par liaison ADSL au centre national de traitement de Rennes (CNT) par les radars automatiques fixes et mobiles. Ces messages comprennent les deux clichés de l'infraction ainsi que plusieurs informations relatives aux conditions de sa réalisation: unité de police ou de gendarmerie responsable du cliché pour les radars mobiles, date, emplacement précis de la constatation de l’infraction, vitesse relevée, vitesse limite, etc. Pour arriver à l'édition du PV qui sera expédié au contrevenant par voie postale, tous les messages d'infractions reçus par le CNT suivent le même parcours.
Tout d'abord, chaque cliché de l'infraction fait l’objet d'un premier examen par deux logiciels de reconnaissance de forme dénommés Carmen et Elisa. Dans plus de la moitié des cas, les deux logiciels donnent un numéro d'immatriculation identique, dans ce cas, il n'y a pas de vérification humaine. Dans le cas où les deux logiciels ne donnent pas le même résultat, le cliché est visualisé par un opérateur, qui saisit manuellement le numéro d’immatriculation, s’il parvient à l’établir.
Ensuite, les messages d’infractions traités soit automatiquement soit manuellement par un opérateur, sont envoyés au
centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR). Un gendarme ou un policier vérifie la cohérence des informations écrites et visuelles, puis consulte le fichier national des immatriculations pour pouvoir vérifier que le véhicule présent sur la photo accompagnant le message d’infraction correspond bien au véhicule présent dans le fichier national des immatriculations.
Si le véhicule est loué, alors le fichier des loueurs est consulté, l’avis de contravention étant envoyé au loueur en cas d’absence d’information. S’il s’agit d’un véhicule d’entreprise, l’avis est envoyé à celle-ci, qui, en vertu des dispositions de la future loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI 2), devra déclarer les noms de ses utilisateurs. Le fichier du centre de coopération police-douanes peut également être consulté pour les immatriculations luxembourgeoises ou helvétiques uniquement. Pour les conducteurs étrangers hors Suisse et Luxembourg, il n'y a pas de poursuites.
Au vu des clichés et des informations écrites, l’infraction est validée manuellement par l’opérateur, gendarme ou policier. La sanction fait donc toujours l’objet d'une décision individuelle, même si la constatation de l'infraction a été réalisé avec un radar automatique et que sa préparation a été assistée par des traitements automatisés. Le nom de l'enquêteur qui a validé l'infraction est inscrit sur l'
avis de contravention expédié au contrevenant.
Les excès de vitesse supérieurs à 50 km/heure font l’objet d’un traitement particulier, en raison du danger créé et de l’importance des sanctions encourues. Les procès-verbaux dressés pour des contraventions d’excès de vitesse de 5e classe sont adressés, par le C.A.C.I.R. et sous le contrôle du parquet de Rennes, aux parquets compétents en raison du domicile du titulaire du certificat d’immatriculation.
Enfin, les données d’infraction sont transmises par liaison informatique sécurisée au centre d’impression et d’envoi postal qui se charge comme son nom l'indique de l'impression des avis de contravention et de l'expédition par voie postale au titulaire de la carte grise du véhicule pris en excès de vitesse. Actuellement, le centre d’impression et d’envoi postal se trouve à Orly mais il sera installé avant la fin 2009 à Rennes dans les nouveaux locaux en cours d’achèvement du CNT.
Le délai moyen entre la date de l'infraction et l'envoi de la contravention est de 5 jours.
Attention, tous les messages d'infractions relevés par les radars automatiques ne se transforment pas forcément en amende car pour cause d’incertitude sur l’immatriculation, sur la réalité de l’infraction ou avec les voitures immatriculés à l'étranger de nombreux clichés sont rejetés. En 2008 sur les 17.1 millions de messages d'infractions envoyés au CNT seulement 8.4 millions de PV ont été expédiés. Pour les véhicules immatriculés en France, le taux de conversion infractions / amendes s'élève à 67.8% pour les radars embarqués et à 62.8% pour les radars fixes.