Plus de dix jours après les décisions du Comité Interministériel de la Sécurité Routière prisent dans l'urgence et sans consultation, la question des radars divise toujours au sein de la majorité. En effet, après avoir essuyer la fronde d'une partie des élus UMP, le gouvernement a finalement décidé de reculer temporairement sur le projet de suppression des panneaux avertissant de la présence de radar fixe.

En effet, après avoir refusé tout retour en arrière, Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur a finalement déclaré hier lors de la réunion hebdomadaire des députés UMP que «36 panneaux ont déjà été démontés» à travers la France, mais «qu'il n’y en aura pas un de plus avant concertation locale» avec les élus.

Claude Guéant s’est aussi engagé à ce qu’aucune modification législative dans ce domaine ne soit plus décidée avant de connaître, dans plusieurs mois, les conclusions de la mission d’information parlementaire sur les causes des accidents de la route, actée mardi.

Sauf que hier soir, sur France 2, le ministre s'est montré plus nuancé en déclarant que les radars pédagogiques seraient implantés «de façon aléatoire», parfois à «plusieurs kilomètres en amont» des radars fixes. Il a précisé que la suspension du démontage des panneaux durerait «quelques jours et quelques jours seulement».

Un peu plus tôt, François Fillon avait maintenu sa ligne de fermeté en déclarant que «le gouvernement ne reviendra pas sur la fin de la signalisation systématique des radars».

L'entourage de Claude Guéant a indiqué qu'il n'y a « aucune divergence » entre le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, rappelant que les panneaux annonçant les radars « seront retirés in fine ». Matignon a aussi jugé bon, dans l'après-midi, de préciser le propos de Fillon, quitte à corriger celui de Guéant : « Il pourra y avoir des radars pédagogiques, mais on est bien sur la fin de l'annonce systématique des radars. »