radar double sens

Les services du ministère de l'Intérieur envisagent de nombreuses mesures pour renforcer une nouvelle fois la sécurité au détriment des libertés. Dans le cadre de deux projets de loi relatifs à l’état d’urgence et à la lutte antiterroriste, des propositions ont été faites par les forces de l’ordre et sont étudiées par la DLAPJ, la Direction des Libertés Publiques et des Affaires Juridiques.

D'après le journal Le Monde qui a pu accéder à ces projets de loi, une mesure concerne les radars automatiques. En effet, une des mesures proposées consisterait à forcer les radars automatiques à flasher tous les véhicules qui passent devant eux afin de pouvoir repérer et suivre plus facilement un véhicule.

Un radar automatique est configuré pour flasher au-delà d'une certaine vitesse, il n'est pas développé pour prendre en photo tous les véhicules qui passent devant lui et verbaliser uniquement ceux qui sont en excès de vitesse. Donc la réalisation de ce petit tour de passe passe serait effectuée en abaissant le seuil de vitesse de déclenchement du flash des radars "sur une zone déterminée afin de flasher (sans émission de contravention) l’ensemble du trafic routier et ainsi localiser un véhicule".

Dans la pratique, cela voudrait dire qu'un radar habituellement configuré pour flasher à 90 km/h verrait son seuil de déclenchement abaissé, par exemple à 30 km/h, pour flasher tous les véhicules. Cela impliquerait dans le même temps que plus aucun avis de contravention ne soit émis puisque les messages d'infraction seront tous erronés.

Si une telle mesure venait à être mise en place, la question du flash mais aussi du stockage des photographies vont se poser. En effet, les radars n'ont pas la capacité de stocker dans leur mémoire interne un grand nombre de photos, il faudrait donc les envoyer au Centre National de Traitement mais là non plus, l'infrastructure et les systèmes informatiques ne sont pas prévus pour stocker un grand nombre de faux message d'infraction.

Le problème du flash se pose aussi, non seulement parce que l'utilisation d'un flash visible sera très perturbant pour l'ensemble des usagers, mais aussi parce que le flash ne pourrait pas être utilisé pour 100% des véhicules sous peine de le voir "griller" très rapidement sur les axes les plus fréquentés!

Le problème se pose différemment pour les radars tronçons qui eux flashent déjà l'intégralité des véhicule qui les croisent. En effet, ils enregistrent les clichés, date et heure de tous les véhicules qui franchissent les points d'entrée et de sortie des tronçons contrôlés et cela est invisible puisqu'ils utilisent un flash infrarouge. Actuellement, pour les véhicules qui ne sont pas en excès de vitesse, les données collectées ne sont pas transmises au Centre National de Traitement et sont conservées au maximum 24h sur le disque dur interne des bornes d'entrée et de sortie.

Si cette mesure est retenue, il faudra attendre d'autres informations pour mieux en comprendre son fonctionnement, sa portée et les types de radars concernés. Les deux projets de loi doivent être présentées en début d’année prochaine par la Direction générale de la police nationale, ils prévoient en plus notamment l'interdiction du réseau TOR et des réseaux Wi-Fi publics!