Les radars automatiques sont une manne financière non seulement pour l’État avec les amendes radars mais également pour de nombreuses entreprises privées qui fournissent du matériel ou des services.

L'arrivée des radars tourelles ne déroge pas à la règle puisque les entreprises habituelles ont remporté les nombreux marchés publics régissant ce déploiement pour la fourniture des radars, leurs installations et leurs déplacements.

Le fournisseur des radars

Le marché public de fourniture des radars tourelles a été attribué en mars 2017 à SAFRAN IDENTITY AND SECURITY (ex SAGEM, ex MORPHO) mais depuis cette entreprise a été revendue à un fond d'investissement américain et se prénomme désormais IDEMIA.

Le montant du marché atteint 102 M€ HT. Mais ce chiffre ne concerne que la mise au point du radar MESTA FUSION et une commande ferme minimum de 400 radars et de 400 cabines.

Comme la durée du contrat est de 1 an renouvelable 9 fois, le montant initial va largement être dépassé puisque, en plus de la commande initiale, de nouveaux équipements vont être commandés en cours de marché.

Sur ce genre de marché, IDEMIA est également gagnante car la plus grande partie des coûts de développement de ce nouveau radar ont été pris en charge. A l'issue de cette phase de développement, elle dispose d'un radar fonctionnel qui n'a plus qu'à être commercialisé dans d'autres pays... On remarquera qu'il en a été de même avec le radar autonome mis au point par CEGELEC et que l'on retrouve dans le monde entier aujourd'hui (Allemagne, Australie, Émirats Arabes Unis, etc)

L'installation des radars tourelles

L'installation des radars tourelles bat son plein en ce moment. Comme on peut le voir sur les différentes photos des chantiers que l'on peut trouver sur les réseaux sociaux ou la presse locale, plusieurs entreprises ont été mandatées pour effectuer ces installations. Elles diffèrent en fonction du lieu d'installation du radar.

Dans la moitié nord

Dans les 8 grandes régions de la moitié nord de la France, c'est le groupement des sociétés SPIE et CEGELEC qui est chargée de la pose des nouveaux radars tourelles. Pour cela, elles ont remporté le premier lot du marché public de "Maintenance opérationnelle des équipements de terrain déplaçables en France métropolitaine et en Corse" pour un montant de 132 M€ HT sur 4 ans.

Ce sont les employés de SPIE qui sont chargés de l'installation des cabines et on remarque sans problème les véhicules siglés SPIE sur les lieux des travaux d'installation.

Installation d'un radar tourelle dans le nord de la France

camion SPIE chantier radar tourelle

Dans la moitié sud

Dans les 4 grandes régions du sud de la France ainsi qu'en Corse, c'est la société AXIMUM qui a remporté le second lot du marché public de maintenance pour un montant bien inférieur, seulement 71 M€ toujours sur 4 ans.

L'entreprise semble vouloir être plus discrète car on remarque plus difficilement leur logo sur les chantiers mais un article paru sur France Bleu le confirme bien.

Répartition géographique du marché des radars déplaçables

Répartition géographique du marché des radars déplaçables

En Outre-Mer

Les premiers radars tourelles viennent d'être implantés en Guadeloupe à grand renfort de communication. Sur les photos publiées lors de la mise en place du radar tourelle du Gosier en présence du préfet, on identifie immédiatement les entreprises qui réalisent ce travail sur l'île et qui en seront également chargé dans les autres départements d'Outre-Mer.

Comme on le voit, il s'agit des sociétés INEO et SATELEC.

Installation d'un radar tourelle en Guadeloupe

Satelec Ineo Guadeloupe

Elles réalisent ces installations en vertu du contrat de "maintenance opérationnelle des radars automatiques" qu'elles ont remporté en 2017 pour un montant de 62 M€ sur 2 ans.

A ce titre, elles sont chargées de missions spécifiques dans les DROM qu'elles ne réalisent pas en métropole et notamment la prestation de démontage de tous les radars fixes installés dans les DROM ainsi que leur remplacement par des radars tourelles.

Le déplacement des radars

A terme, les radars tourelles seront déployés sur tout le territoire dans une logique de leurre. Cela signifie que sur toutes les cabines qui vont être installées, seulement une partie d'entre elles seront réellement équipées d'un radar actif, les autres seront vides et ne seront que des leurres et cela à raison d'un ratio d'environ 1 cabine équipée pour 4 ou 5 vides.

Pour que le système soit efficace, les systèmes radars seront déplacés régulièrement et aléatoirement entre toutes les cabines et ce sont bien sûr des prestataires privés qui seront chargés de ce travail au regard des mêmes marchés publics que ceux qui prévalent pour leur déploiement.

Dans le nord de la France, c'est donc toujours le groupement SPIE/CEGELEC qui sera chargé du déplacement des systèmes radars entre les cabines. Mais contrairement à la pose, ce sont cette fois plutôt les employés de CEGELEC qui devraient être chargés de cette mission.

Dans le sud de la France, c'est toujours AXIMUM qui aura en charge le déplacement du radar entre les cabines.

Enfin, en Outre-Mer, ce sont bien les techniciens du groupement SATELEC/INEO qui effectueront le changement de cabines des systèmes radars. Ce sont d'ailleurs eux qui vont avoir la primeur de ce travail car avant la fin de l'année, les radars tourelles commenceront à tourner de cabines en cabines en Guadeloupe.

Pour la métropole, l'heure est au remplacement des cabines radars détruites ces derniers mois, la logique de radars leurres n'arrivera que dans le courant de l'année 2020.

Trois marchés différents

Comme on l'a vu, les entreprises qui bénéficient de la manne financière apportée par les radars tourelles sont nombreuses. Mais avec la multiplicité des marchés publics selon les tâches et le fait que ces marchés contiennent pour la plupart d'autres prestations que celles qui concernent les radars tourelles, il est impossible de déterminer exactement les montants consacrés.

Pour résumer:

- IDEMIA est rémunérée au moins 102 M€ pour développer et fournir les radars tourelles et les cabines.

- SPIE et CEGELEC sont rémunérées sur une partie des 132 M€ du marché public de maintenance des radars déplaçables pour l'installation des radars tourelles, la maintenance et le déplacement des radars tourelles dans le nord de la France. Une autre partie de ce marché concerne la maintenance et le déplacement des radars autonomes.

- AXIMIM est rémunéré sur une partie des 71 M€ du marché public de maintenance des radars déplaçables pour l'installation des radars tourelles, la maintenance et le déplacement des radars tourelles dans le sud de la France. Une autre partie de ce marché concerne la maintenance et le déplacement des radars autonomes.

- SATELEC et INEO sont rémunérés sur une partie des 62 M€ du marché de maintenance des radars automatiques pour le démontage des radars fixes existants, l'installation des radars tourelles, la maintenance et le déplacement des radars tourelles en Outre-Mer. Mais la plus grosse part de ce marché concerne la maintenance des radars fixes en métropole.