Au cours de l'année 2018, le nombre de dégradations de radars a fortement augmenté, dès le début de l'année avec l'annonce du passage au 80 km/h puis à partir du mois de novembre avec le mouvement des gilets jaunes.

A ce jour, on estime que plus de 7 000 dégradations de radars automatiques ont été enregistrées en 2018 dont plus de 2 500 entre le 17 novembre et le 31 décembre.

Evidemment, la remise en état des cabines aura un coût mais qui semble bien inférieur à ce que l'on peut entendre ça et là notamment parce que l'immense majorité des dégradations sont légères avec de la peinture ou des sacs poubelles.

Les dépenses des années précédentes

Le montant des dépenses consacrées à la remise en état des radars automatiques vandalisés est indiquée dans le Rapport de Performance Budgétaire pour ces deux dernières années.

Au cours de l'année 2016, 3 221 actes de vandalismes sur les radars ont été enregistrés. Pour cette année, la Sécurité routière a estimé le coût du vandalisme à 6,79 millions d'euros soit une moyenne de 2 100 euros par dégradation.

En 2017, le nombre de dégradations a augmenté pour atteindre 4 097. Pour cette année, le coût de traitement du vandalisme a été de 9,3 millions d'euros soit une moyenne de 2 270 euros par dégradation.

Mais le coût d'une dégradation est bien différent selon son type. Il faut distinguer les réparations faisant suite à du vandalisme léger (peinture, sac poubelle, etc) et celui faisant suite à du vandalisme lourd réparable ou non réparable. Dans le premier cas, la réparation ne nécessite que le remplacement d'une ou plusieurs pièces alors que dans le second cas, c'est la cabine entière qui doit être remplacée.

Les radars ayant subi du vandalisme lourd sont faciles à repérer puisqu'ils sont entourés d'un plastique noir portant la mention "En maintenance technique". Ces cabines sont dans l'attente du remplacement des pièces défectueuses ou de l'enlèvement de la cabine en vue de son remplacement.

radar en maintenance technique

L'estimation 2018

Au regard des chiffres annoncés pour les deux années précédentes, on peut tenter d'estimer les dépenses qui seront nécessaires pour traiter le vandalisme enregistré au cours de l'ensemble de l'année 2018.

En se basant sur le montant dépensé en 2017 pour le vandalisme et le nombre d'actes enregistrés, on peut estimer que le coût moyen pour le vandalisme léger est de 500 euros, de 4 000 euros pour le vandalisme lourd réparable et de 40 000 pour le remplacement d'une cabine.

En 2018, on estime le nombre d'actes de vandalisme léger à environ 6 500. Cela représente donc une facture de plus de 3,2 millions d'euros. A cela il faut ajouter environ 560 dégradations lourdes mais réparables soit une facture de 2.3 millions d'euros.

Mais c'est surtout le nombre de radars entièrement détruits qui fait grimper le coût de remise en état puisque l'on estime qu'au moins 500 radars automatiques ont été mis hors service définitivement au cours de l'année 2018 dont 350 pendant le mouvement des gilets jaunes entre le 17 novembre et le 31 décembre.

Le coût du remplacement de ces cabines devrait donc s'élever à plus de 20 millions d'euros. Mais le calcul n'est pas aussi simple car en 2019, il était déjà prévu de remplacer certaines des cabines détruites pas de nouveaux modèles de radars notamment des radars double face en remplacement de radars discriminants ou de radars fixes et des radars tourelles en remplacement des radars feux rouges.

Au total, le coût du vandalisme sur les radars au cours de toute l'année 2018 va donc dépasser les 25 millions d'euros.

 

A noter: De nombreux articles prennent pour référence un extrait du site officiel de la sécurité routière qui indique que le coût du vandalisme s'élevait à 22 M€ pour l'année 2012. Mais il faut bien prendre en compte que depuis cette date, le marché public régissant l'entretien des radars et leur réparation en cas de vandalisme a été réattribué deux fois et que depuis, les coûts des opérations ont été divisé par plus de deux!