Ce n'est pas une surprise, après une hausse quasi continue des recettes radars depuis l'installation des premiers radars automatiques en 2003, les chiffres sont en chute libre depuis le record enregistré à plus d'un milliard d'euros en 2017.

En 2020, le montant des recettes des amendes forfaitaires vient encore d'être largement revu à la baisse par rapport aux prévisions du Projet de loi de finances.

L'effet du confinement

Pour cette année, le gouvernement tablait sur des recettes de l'ordre de 729 M€ mais selon les dernières évaluations, ce ne sont plus que 561 M€ qui sont désormais espérés. Ce chiffre, équivalent à celui constaté en 2019, correspond à un ajustement de -23% par rapport aux prévisions. Mais attention, cela ne concerne que les amendes payées rapidement. Il faut aussi y ajouter près de 200 M€ d'amendes radars majorées.

Evolution des recettes issues des amendes forfaitaires du contrôle automatisé

Evolution des recettes issues des amendes forfaitaires du contrôle automatisé

Avec le gros effort de remplacement des radars détruits dans le sillage de la crise de gilets jaunes suite auquel il était anticipé une hausse des recettes, celles-ci ont subi de plein fouet la baisse du trafic consécutive aux mesures de confinement.

Pas seulement pendant le confinement d'ailleurs, la pandémie actuelle a également réduit le trafic routier au cours l'été, notamment des étrangers. Une saison où traditionnellement, les radars flashent le plus.

Avec la mise en place du reconfinement en cette fin d'année, il est probable que les recettes s'effondrent encore un peu plus et qu'elles soient encore inférieures aux dernières prévisions.

Des effets en cascade

Les amendes radars servent en priorité à l'auto-financement du système du contrôle automatisé. On remarque d'ailleurs que le budget radars économise environ 5 M€ suite à la baisse de l'activité qui entraine une diminution du coût de traitement des infractions.

Les sommes en surplus sont redistribuées selon un système assez complexe et leur diminution affecte surtout l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui récupère habituellement le solde des recettes une fois que tous les autres bénéficiaires ont été servis. En 2020, la baisse des crédits de l'AFITF est estimée à 200 M€.

Comme ce recul remettrait en cause les engagement de financement de l'AFITF, le gouvernement a choisi de modifier exceptionnellement la répartition des amendes liées au compte d'affectation spécial "Contrôle de la circulation et du stationnement routiers" afin de compenser une partie de la baisse des recettes.

Devant ces ajustements budgétaires, les grands perdants sont les collectivités locales qui subissent annulation de 206,4 M€ de crédits mais également le budget de l'Etat qui voit s'envoler 180,1 M€ destinés à son désendettement.