Alors que les radars automatiques n'en finissent plus de rapporter des sommes records au budget de l'Etat avec 1,2 milliard prévu en 2019, on apprend dans le Projet de Loi de finances rectificative 2018 que le gouvernement vient de trouver 38 millions d'euros de plus dans leurs caisses!

Des crédits non utilisés

Le budget des radars est présenté chaque année dans le programme 751 du compte d’affectation spéciale « Contrôle de la circulation et du stationnement routiers » et il est composé de la liste des dépenses de fonctionnement et d'investissement prévues sur l'année.

Un modification comptable lors de l'élaboration du budget 2018 a fait apparaître un reliquat 38,24 M€ dans les caisses du budget des radars automatiques.

En effet, depuis plusieurs années, les dégradations de radars ont été inférieures aux prévisions et les dépenses budgétisées pour la maintenance des radars ont ainsi été surévaluées.

La forte hausse du nombre de radars vandalisés ces derniers jours et même depuis le début de l'année notamment suite à l'abaissement de la vitesse à 80 km/h n'impactera pas ce montant puisqu'il résulte de crédits non utilisés concernant des dépenses de maintenance des radars automatiques depuis la création du compte d’affectation spéciale en 2005 et jusqu'à fin 2017.

Deux possibilités d'utilisation

Après avoir découvert ce pactole de 38 M€, le gouvernement a dû décider de son utilisation et deux options ont été présentées.

La première était d'utiliser cet argent pour un déploiement plus rapide de nouveaux radars fixes et des voitures radars privatisées dans le cadre de la modernisation du parc de radars automatiques.

La seconde était d'allouer ces crédits à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF).

Les dépenses radars battant déjà tous les records, le gouvernement a jugé bon de ne pas en rajouter en accélérant le rythme de déploiement des nouveaux radars tourelles, tout en précisant que c'était également parce que « ces dépenses d’investissement et de modernisation sont des dépenses de long terme et demandent une certaine durée d’analyse mais aussi de réalisation ».

Ces crédits seront donc reversés à l'AFITF et pourra donc être utilisés pour le financement d’infrastructures de transport ou l’entretien du réseau routier.

Pour le gouvernement, « une telle opération permet de garantir les moyens consacrés à la sécurité routière via l’amélioration de l’état du réseau routier » et cela constitue un des moyens de réaliser cet objectif pris lors du Comité interministériel de la sécurité routière du 9 janvier 2018.