Cela ne vous a pas échappé, au cours de ces deux dernières années, les actes de vandalisme contre les radars se sont multipliés. Les nombreux radars détruits sont en cours de remplacement par des radars tourelles censés être plus résistants. Pourtant ces derniers sont régulièrement vandalisés à leur tour.

Pour Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, la situation n'a que trop duré. Il annonce que l'Etat va s'organiser et prendre de nouvelles mesures afin de mieux protéger les radars du vandalisme car il n'est plus possible "d'accepter que quelques délinquants s'opposent à une politique de sécurité publique".

Des mesures pour attraper les auteurs

Pour sécuriser les radars fixes, plusieurs mesures sont envisagées. La Sécurité routière ne souhaite pas les préciser en détail mais elles vont tourner autour de trois axes, renforcement,  surveillance et dénigrement.

Comme les radars tourelles souffrent de nombreux points faibles exploités par les vandales, les cabines vont être renforcées. On peut donc imaginer, par exemple, l'utilisation d'un mât plus solide et plus résistant au découpage dont il est souvent victime.

Un radar tourelle abattu par découpage du mât

mat radar tourelle découpé

Mais la mesure phare de cette nouvelle politique de sécurisation semble plutôt être la traque des auteurs des dégradations.

Pour cela, on sait déjà que les cabines, notamment celles qui viennent juste d'être installées ou celles qui sont régulièrement dégradées sont surveillées par de fréquentes rondes des forces de l'ordre. On imagine que ce type de surveillance va être encore étendu afin de pouvoir prendre les auteurs en flagrant délit.

On peut également penser que les caméras de vidéo-surveillance intégrées aux radars tourelles qui ne sont pas actives pour le moment vont bientôt être utilisées. Pour cela, il faudra rendre leur utilisation légale notamment via une autorisation préfectorale.

Enfin, Emmanuel Barbe souhaite également que les français prennent partie contre les dégradations de radars qui "sont essentiels pour la sécurité routière" car ils "ont une fonction simple, celle de faire ralentir les automobilistes ou les usagers de la route".

Dans ses dernières interviews, il répète qu'il faut "s'indigner collectivement" et "que la population rejette ces personnes" qui détruisent les radars qu'il présente comme des "délinquants qui agissent en bande organisée".

Encore beaucoup de travail

Vouloir confondre les auteurs des dégradations de radars reste encore illusoire, très peu de vandales sont aujourd'hui traduits devant les tribunaux.

Pourtant, les enquêtes judiciaires pour les retrouver sont très poussées. Un chef d'escadron expliquait dernièrement que l'interpellation des auteurs de destruction de radar était le résultat d'un long travail de terrain et de recueil d'indices avec, un travail "sur la téléphonie, le bornage des portables sur la zone du radar détruit, le visionnage des caméras vidéo, et les immatriculations des véhicules présents sur les lieux" mais aussi des relevés d'empreintes voir des relevés ADN!

Relevé d'indices après une tentative d'incendie

Relevé d'indices dégradation radar

Malgré tout, Emmanuel Barbe indique que seulement près de 70 personnes qui ont détruits des radars ont été arrêtées. Un chiffre à mettre en perspective avec les 20 000 dégradations et le millier de destructions de radars enregistrés au cours de ces deux dernières années...

Par contre, toutes ces personnes ont été condamnées, parfois avec de la prison ferme mais aussi de gros montants dommages et intérêts au profit de l'Etat.

Méconnaissance de la situation?

En écoutant la dernière interview d'Emmanuel Barbe, on pourrait penser qu'il méconnait totalement la situation.... On va plutôt croire que ce sont des éléments de langage destinés à appuyer sa politique de communication.

Il répète par exemple plusieurs fois que les auteurs de dégradations sont des délinquants, souvent en bande organisée. Certes, certaines destructions de radars coordonnées comme on a pu le voir en Vendée ou en Normandie, sont le fait d'une organisation bien réfléchie. Mais cela reste des cas isolés et la plupart du temps, il semble plutôt que ce soit des personnes seules qui s'en prennent au radar.

Mais le plus drôle reste tout de même cette phrase: "Il n'est pas normal que des personnes arrivent avec des engins très très sophistiqués pour détruire ces radars"!

Quand on sait que quelques pneus enflammés ou une disqueuse sans fil suffisent...