L'Union Européenne s'est fixée pour objectif en 2001 de diviser par deux en dix ans le nombre de victimes des accidents mortels. En 2001, 54.000 personnes ont été tuées sur les routes des 27 pays européens. En 2007, ce nombre atteint toujours 43.000, sans progrès significatif sur un an pour un objectif de 27.000 morts en 2010.

Pour tenter d'accélérer la baisse du nombre de victimes des accidents mortels, la Commission européenne a présenté un projet de directive visant à retrouver et condamner systématiquement les conducteurs européens qui commettraient, dans un autre État membre, des violations graves du Code de la route : Excès de vitesse, Franchissement de feux rouges, Non-port de la ceinture de sécurité et conduite en état d'ivresse.

La proposition, qui devra être adoptée par le Parlement et les ministres européens dans les mois à venir, ne sera toutefois d'application que d'ici 3 ans environ. D'ici là, la Commission veut d'abord rendre compatibles les instruments techniques de contrôle des infractions dans l'UE, en déterminant des normes communes d'utilisation et de construction mais aussi et surtout mettre en place un système centralisé sur les véhicules immatriculés dans l'UE pour faciliter les échanges d'informations entre Etats membres. Seuls le nom du propriétaire et son adresse seront communiqués aux autres services nationaux qui pourront alors adresser un procès-verbal à l'intéressé dans la langue de son pays de résidence.

Mais les chauffards européens ont dès lors de beaux jours devant eux, en effet, rien dans la directive ne les contraint en effet à payer les amendes qu'ils recevront demain chez eux. Le recouvrement de celles-ci tombent sous le coup d'une décision-cadre européenne sur la reconnaissance et l'exécution des sanctions pécuniaires, mais ce texte de 2005 - qui aurait dû être transposé par les Vingt-sept pour mars 2007 au plus tard - n'a pour l'heure été adopté que par 7 Etats membres seulement : la France, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, les Pays-Bas et la Roumanie. Sans adoption large de ce texte, le système proposé mercredi restera donc largement inopérant.

En ce qui concerne la vitesse, les véhicules étrangers représentent environ 5% de l'ensemble de la circulation automobile d'un pays donné et environ 15% des excès de vitesse. En France, les véhicules étrangers flashés par les radars automatiques représentent environ 25% du nombre total des infractions!