Il y a quelques semaines, nous vous avons annoncé que l'année prochaine, l'Etat allait bien reverser aux hôpitaux une partie des amendes encaissées par les radars suite au passage au 80 km/h. C'était ce qu'avait annoncé le premier ministre lors de son discours du 9 janvier 2018.

26 millions d'euros

Si la promesse semble tenue, nous avons tout de suite fait remarquer que le montant estimé semble loin de la réalité...

En effet, lors de l'annonce du passage au 80 km/h, il était bien prévu de reverser "l’intégralité du surplus des recettes perçues par l’État lié à l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur les routes à double sens sans séparateur central".

Dans le projet de loi de finances 2019, le gouvernement a estimé ce surplus à 26 millions d’euros, avec une hypothèse d’un doublement du nombre d’infractions enregistrées par les radars automatiques concernés.

A la lecture de cette hypothèse, il est certain que le montant est sous-évalué puisque tous les radars fixes installés dans des zones où la limitation est passée de 90 à 80 km/h ont enregistré 2,3 millions de flashs en 2017 soit des recettes estimées à plus de 65 millions d'euros.

Des radars oubliés...

C'est à la lecture du rapport de l'Assemblée Nationale sur le projet de loi de finances pour 2019 que l'on comprend mieux les carabistouilles racontées par le gouvernement pour déterminer un surplus de seulement 26 M€.

En effet, il est indiqué que l'hypothèse ne retient que "620 radars fixes et 160 radars mobiles situés sur les routes concernées" mais les nombres retenus sont totalement faux!

Tout d'abord, ce ne sont pas 620 mais bien environ 1079 radars fixes qui sont installés sur des routes désormais limitées à 80 km/h.

Ensuite, il est impossible de déterminer le nombre de radars mobiles qui sévissent sur les routes concernées puisque par définition, ces radars sont utilisés en plusieurs points du réseau routier avec des limitations de vitesse différentes!

Enfin, dans ce décompte le gouvernement oublie totalement les radars autonomes alors que la plupart d'entre eux sont installés dans des secteurs désormais limités à 80 km/h.

Pour finir, même en ne retenant que 60% des radars fixes concernés comme le fait le gouvernement, le surplus de recette avec un doublement des flashs s'établirait déjà au-delà de 30 M€ et cela sans même compter les radars mobiles et surtout les radars autonomes, les grands oubliés dans ce décompte alors qu'il s'agit du modèle de radar le plus actif!