Apparue en 2015, la fonctionnalité double sens équipe désormais près de 700 radars fixes installés sur des routes bidirectionnelles. Avec une seule cabine, ces radars double sens peuvent ainsi contrôler les excès de vitesse dans les deux sens de circulation.

Pour cela, le radar détermine automatiquement le sens de circulation du véhicule en infraction et l'indique dans le message d'infraction (MIF). Même lorsque deux véhicules circulant dans des sens opposés apparaissent sur la photo, l'infraction est caractérisée pour le véhicule circulant en excès de vitesse dans le sens indiqué par le radar. Mais comme trop souvent, il arrive parfois que le CACIR de Rennes verbalise le mauvais véhicule...

Erreur de véhicule

C'est ce qui est arrivé à une de nos lectrices qui a eu la surprise de recevoir une amende pour une infraction qu'elle n'avait pas commise.

Lorsqu'elle reçoit l'avis de contravention, elle est surprise car à l'heure de l'infraction, elle circulait dans le sens opposé à celui indiqué dans la description. Comme on le voit ci-dessous, le véhicule en excès de vitesse circulait dans le sens Sainte-Marie aux Mines vers Sélestat au niveau du radar fixe de Lièpvre (68).

Description de l'infraction erreur radar double sens

Pour comprendre d'où vient l'erreur et pouvoir contester, la prétendue contrevenante effectue une demande de photo radar.

Et là surprise, sur les clichés qu'elle reçoit, c'est bien son véhicule qui apparait en gros plan avec sa plaque d'immatriculation bien visible!

Pourtant elle est toujours convaincue de son innocence, elle cherche donc encore pourquoi il y a eu une erreur.

Sur la photo, elle s'aperçoit que son véhicule a été flashé par l'avant or, le radar de Lièpvre flashe par l'avant les véhicules qui circulent dans le sens Sélestat vers Sainte-Marie-aux-Mines comme indiqué dans notre description de cet emplacement de radar. Ce n'est donc pas le sens indiqué sur l'avis de contravention.

En y regardant de plus près, elle s'aperçoit qu'il y a bien un autre véhicule sur la photo a peine visible derrière son véhicule et qui circule bien dans le sens de l'infraction.

Cliché infraction erreur radar double sens

L'erreur se confirme quand elle déchiffre les informations indiquées dans le bandeau sous la photo. En effet, comme indiqué sur notre page dédiée aux clichés des radars de type MESTA 210D, l'infraction qui a été enregistrée a bien été commise dans le sens Sainte-Marie-aux-Mines vers Sélestat (acronyme SC = Sens de Circulation) par un véhicule circulant dans le sens de l'éloignement (SENS: ELOI). C'est donc bien le véhicule masqué derrière le sien, flashé par l'arrière, qui était en excès de vitesse et non le véhicule au premier plan qui circulait dans le sens du rapprochement.

Il y a donc effectivement une erreur grossière mais celle-ci ne vient pas du radar qui a bien indiqué le bon véhicule en infraction mais du CACIR de Rennes qui a verbalisé le mauvais véhicule car c'est le seul dont la plaque d'immatriculation apparaissait sur la photo!

Une histoire qui nous rappelle un peu celle du véhicule verbalisé alors qu'il était en stationnement au bord de la route...

Contestation et remboursement

Comme d'habitude, même si l'erreur du CACIR est manifeste et clairement indiquée sur le cliché d'infraction, le conducteur verbalisé à tort doit contester en consignant le montant de l'amende forfaitaire.

Même si dans un cas comme celui-ci, le classement sans suite est certain, le délai de procédure est long et le remboursement de la consignation ne sera effectué que de nombreuses semaines après le paiement puisqu'en moyenne, il faut compter un délai d'environ trois mois entre la contestation et le remboursement...

D'autres cas similaires?

Avec près de 700 radars fixes double sens qui ont enregistré plus de 2.5 millions d'infractions au cours de l'année 2016, il est fort probable que d'autres automobilistes aient été verbalisés par erreur par ce type de radar.

Malheureusement, avec un système qui impose de consigner un montant plus élevé que celui de l'amende minorée et un processus de contestation complexe, certaines personnes verbalisées à tort préfèrent payer plutôt que de s'engager dans cette démarche.