L'imagination pour développer des systèmes de verbalisation automatique semble sans limite. En plus des radars de vitesse ou de feux rouges, on a déjà entendu parler du radar anti-alcoolémie, du radar stop ou encore du radar piéton.

D'après des informations obtenues par le Journal de l'environnement, ce n'est pas fini. En effet, Bruitparif, l'observatoire du bruit en Ile-de-France compte mettre en place des radars anti-bruit spécialement à l'attention des deux roues motorisés!

Le projet Medusa

Bruiparif a mis au point un capteur sonore révolutionnaire qui porte le nom de Medusa. C’est un appareil métrologique qui peut donc être homologué et qui produit une mesure en décibels.

Doté de 4 microphones, le capteur perçoit les sons à 360 degrés et effectue des mesures plusieurs fois par seconde pour savoir d'où provient le bruit dominant.

Ces capteurs sont déjà utilisés par Bruitparif puisque depuis 2016, ils sont installés dans plusieurs quartiers festifs de Paris dans le but de résoudre les conflits d’usage de l’espace public entre les habitants et les clients des établissements nocturnes. La photo d'illustration de l'article est celle d'un capteur Medusa installé sur la Quai de la gare.

Un radar anti-bruit

visualisation capteur meduse

En 2018, Bruitparif compte utiliser ces capteurs "méduse" sur un ou deux sites pour « quantifier de façon objective la contribution des deux-roues au bruit de fond urbain » mais également pour mettre au point un système permettant de déterminer si un pic de bruit relevé représente bien la trajectoire de déplacement d'un deux-roues.

En 2019, entre 10 et 15 sites seront équipés pour élargir l’acquisition de données et approfondir les mesures. A terme, les capteurs seront couplés à des appareils photographiques ce qui pourrait laisser la porte ouverte à une verbalisation...

Comme on le voit sur l'image, actuellement, les capteurs produisent des visualisations qui permettent de rendre compte globalement d’une situation. Les niveaux sonores provenant de chaque direction sont représentés sous forme d’hexagones colorés, les plus foncés étant les zones où le bruit est le plus fort.

Vers une évolution de la réglementation

Dans une étude réalisée en 2017 pour Bruitparif, on apprend que 44% des Franciliens se plaignent du bruit des deux roues motorisés et que 9 franciliens sur 10 sont d’accord pour que les contrôles et les sanctions des plus bruyants soient renforcés.

Mais le radar anti-bruit pourrait être insuffisant pour cela. En effet, la réglementation ne tient pas compte des bruits intermittents notamment dans le cas des pots d’échappement trafiqués. De plus, le niveau sonore en décibel ne peut être le seul critère pour rendre compte du bruit généré par un deux-roues.

En effet, comme le précise le responsable du pôle Technologie de Bruitparif, « entre deux motos qui émettent un niveau sonore égal, l’un sera jugé acceptable, l’autre perçu comme agressif . A terme, la méduse les distinguera et la réglementation devra évoluer pour faire entrer d’autres valeurs que le décibel, afin de caractériser le niveau sonore et le côté agressif d’un son».